Mar 13 2012

Un Empereur pour Karsar

Catégorie: GénéralitésLes Six Brumes - Jonathan Reynolds à 11:51

Vient maintenant le tour de Guillaume Houle à rendre hommage à L’AURORE. Il y a dix ans, il fit naître son pseudonyme L’Empereur Ghoule pour sa première nouvelle publiée, KARSAR, dans les pages du collectif. Cet alter-ego rôde toujours, silhouette rappelant celle de la Faucheuse, et sa faux attend de nouvelles victimes, ses prochains lecteurs…

« Électron libre gravitant autour du projet de L’Aurore par le biais de mon ami Jonathan Reynolds, j’ai été en peu de temps impressionné par l’aspect concret du projet. Bien que cela puisse paraître étrange, 10 ans et 23 publications des Six Brumes plus tard, l’idée de participer comme auteur à la création d’un « vrai livre » me semblait être un pas de géant vers la concrétisation de ces rêves fous qu’on imagine à l’entrée dans la vie adulte.

En réalité, ma contribution du côté des Six Brumes allait plutôt me permettre de développer des talents dans un aspect du travail que je n’imaginais pas encore tout à fait : soutenir les créateurs et leurs créations. C’est en effet dès 2001 que je me suis joint aux Six Brumes à titre d’agent de promotion, dans le but de vendre le maximum de copies de L’Aurore possible.

La succession des événements demeure floue dans mon esprit : lancement au Petit Musée de l’Imaginaire de Montréal (aujourd’hui défunt), vente inespérée de 30 exemplaires de L’Aurore à la Foire du disque indépendant (FOIN) de Montréal, consignation de copies dans des librairies et magasins de jeux de rôles… je ne me souviens plus du reste.

En 2012, 10 ans après la naissance de L’Aurore, je réalise que je lui dois beaucoup. C’est grâce à ce projet de fou, né de la rencontre de Marki St-Germain et de Jonathan Reynolds, si j’oeuvre aujourd’hui à titre de directeur des publications de la maison d’édition Les Six Brumes et d’agent de développement  culturel au Conseil de la culture de l’Estrie, deux occupations qui me permettent d’aider la relève québécoise & francophone à faire son chemin dans le merveilleux monde des arts et lettres québécois, canadien et international.

Merci, L’Aurore.

– Guillaume Houle, directeur des publications et alter-égo de l’Empereur GHOULE »


Mar 11 2012

Un clin d’oeil au passé en regardant vers l’avant

Catégorie: GénéralitésLes Six Brumes - Jonathan Reynolds à 10:27

Pour ce nouveau billet concernant le dixième anniversaire de L’AURORE, nous avons demandé à Marie-Josée Morin, graphiste de la première heure, avant que Jimmy Plamondon ne prenne le flambeau (de L’Aurore à Nocturne), de partager avec vous ses souvenirs. C’est elle qui a assuré la mise en page intérieure de L’AURORE et qui a trouvé la typographie du titre. Dix ans plus tard, elle travaille comme archiviste.

Mon hommage à L’Aurore

Par Marie-Josée Morin

Les éditions Les Six Brumes ont déjà soulignées leur 10e anniversaire. Maintenant, les célébrations tournent autour du premier opus, L’aurore, recueil de textes hors des sentiers battus auquel j’ai candidement contribué pour une première version de la mise en page. Candidement, car je n’aurais jamais imaginé qu’une décennie plus tard, 22 publications auraient été mises en page dans le même format! 

Le titre de ce premier livre évoque pour moi sa position de premier opus; l’aurore, la lueur, le commencement de l’aventure de la maison d’édition, avec ses embûches et ses joies auxquelles j’ai toujours prêté l’oreille, malgré la distance (merci le web et les médias sociaux!). 

Dès le départ, avec ce projet de maison d’édition, Jonathan et Marki se sont entouré de passionné(e)s et de mordus du domaine fantastique, fantasy, horreur, policier ainsi que de science-fiction (et dans mon cas, une curieuse de ces genres littéraires peu diffusés!). Je crois que c’est encore le cas aujourd’hui avec tous vos auteurs et collaborateurs. J’ai été enchantée d’être une de vos acolytes et je vous souhaite tout plein de plaisir dans la lecture, l’écriture et la publication!


Mar 09 2012

Après Clair-Obscur, il y a L’Éclaircie

Catégorie: GénéralitésLes Six Brumes - Jonathan Reynolds à 08:37

Nous en sommes au troisième billet pour célébrer le dixième anniversaire de L’AURORE et cette fois-ci, le témoignage prend une forme vraiment unique.

Élisabeth Désourdy, auteure de la nouvelle CLAIR-OBSCUR dans le recueil, emprunte le chemin de la fiction en guise d’hommage.

Après avoir habité quatre ans au Pérou, où elle a fait de la narration orale de contes, elle a reprit la plume pour vous concocter une suite à CLAIR-OBSCUR. Voici donc L’ÉCLAIRCIE :

Éclaircie

Par Élisabeth Désourdy

L’horreur durait depuis si longtemps qu’elle ne savait plus quand elle avait commencé. La vie était souffrance et épuisement. La terreur et l’angoisse lui avaient rongé si avidement l’intérieur qu’elle s’étonnait de ne pas s’envoler lorsque le vent se levait. Elle était la coquille de celle qu’elle avait été jadis.

Jadis… À une certaine époque cela avait été un mot doux, gorgé de souvenirs ensoleillés par l’innocence de l’enfance, mais la misère lui avait tout volé : sa liberté, sa dignité, sa capacité de toucher au bonheur, ne serait-ce qu’un instant.

Éveillée, elle luttait. Contre les éléments, contre la faim, contre la soif, contre les souvenirs sombres. Elle luttait. Non par dévotion, non par entêtement, tout simplement parce que c’était tout ce qu’elle savait faire maintenant. Elle qui avait fait trembler des hordes entières d’ennemis, elle luttait maintenant pour maintenir un semblant d’humanité en elle.

Elle n’était plus rien, mais elle luttait.

Le plus atroce était lorsque le sommeil la prenait par surprise. Ses rêves Lui appartenaient alors. L’innommable qui lui avait tout arraché, qui l’avait déchue, souillée, bafouillée, tuée tout en la laissant vivante.

Il l’attendait, l’écho de son rire cruel le précédant. Elle courait, mais ses pas étaient toujours trop lents, trahis par la fatigue de son esprit. Elle trébuchait, se lacérait les jambes, aveuglée par les larmes qui coulaient le long de ses joues creuses, tel un fleuve furieux et tourmenté. Les éclats

secs de sa moquerie la poursuivaient, chaque croassement se logeait comme un poignard dans son échine courbée par le poids de la défaite.

Et lorsque, sans efforts, il la rattrapait, elle mourait à nouveau. Cent fois, mille fois. Elle mourait pour revenir et souffrir davantage. Lui jouissait, se vautrait dans le sang que son âme versait à flot.

Puis venaient les autres. Ses créatures fidèles, immondes, sans honneur, avides de pouvoir. Elle était leur bête de cirque. À leur grande joie, Il la déshabillait, la torturait, l’humiliait. Parfois, Il la dépeçait centimètre par centimètre, ou il couvrait sa peau de furoncles et de verrues grotesques, ou se donnait l’apparence de ceux qu’elle avait aimés lorsqu’elle savait encore le faire.

Patiemment, il attendait le moment ou ses supplices deviendraient insupportables. Le moment où elle s’avouerait vaincue et ouvrirait la bouche pour hurler.

Il étouffait sa brève délivrance du revers de la main en lui brisant la mâchoire avec son poing de fer. Elle se réveillait alors en sursaut, la bouche pleine de terre fangeuse et le fossile de son cœur empli de rage.

Et la vie qui n’en était pas une, continuait son cours circulaire et infernal.

Jusqu’au jour où…

De l’autre côté de l’épais rideau de brume que la douleur avait tissé autour d’elle, vint un être étrange et fabuleux.

L’espoir.

L’espoir avait des mains capables mais douces, des yeux énormes et bons et, surtout, la mémoire des temps ancestraux. L’espoir portait en lui l’image d’un homme qui s’était levé devant l’obscurité menaçant d’anéantir tout ce qu’il chérissait et qui avait triomphé. Un homme qui était devenu la lumière du monde. Elle était son sang et l’espoir le savait. L’espoir l’avait ressuscitée et l’avait fait voyager jusqu’aux confins d’elle-même. L’espoir lui avait rendu son reflet.

L’espoir.

Un soir où les rayons de la lune avaient presque réussi à percer l’épaisse couche de nuage qui servait désormais de firmament, il avait prononcé la formule la plus puissante qui soit :

« Tu n’es pas seule. »

Ces mots lui furent l’effet d’une lampée d’eau-de vie, enflammèrent doucement chaque partie de son âme.

Quelque chose de fort comme la vie se mit à bouillir en elle. Son visage se transforma, laissant entrevoir la beauté qu’il avait arborée autrefois. Ses lèvres, d’abord tremblantes, se muèrent tranquillement pour esquisser un sourire paisible, puis sa bouche s’ouvrit.

Elle ria. Elle chanta. Son chant, inespéré après tant d’années d’errance, d’abord rauque, s’amplifia, s’enrichit, se transforma. Complexe, insaisissable et irrésistible, l’univers entier sembla s’y joindre.

Cette nuit-là, ce fut Lui qui trembla. L’Éclaircie s’amorçait.


Mar 07 2012

Un visage pour L’Aurore

Catégorie: GénéralitésLes Six Brumes - Jonathan Reynolds à 09:22

 

Dans la même lignée que le précédent billet, nous continuons à célébrer le dixième anniversaire de notre premier livre publié, L’AURORE, en partageant avec vous un deuxième hommage, écrit par Jimmy Plamondon. Maintenant policier, il a été graphiste pour les Six Brumes de nombreuses années. C’est à lui que nous devons le logo de la maison d’édition et la maquette graphique de nos livres. Bref, c’est lui qui a donné un visage à nos publications.

Sans toi, Jimmy, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Merci de la part de toute l’équipe.

Mon hommage à L’Aurore

Par Jimmy Plamondon

Je connaissais Jonathan Reynolds depuis le cégep, puis on s’était perdu de vue à mon départ de Sherbrooke, en 1999. J’étais parti avec mon diplôme de graphisme sous le bras vers le soleil couchant. Dans une décision toute aussi clichée que ma dernière allusion, je suis parti vers Montréal.

J’ai revu Jonathan fortuitement sur un boulevard à Montréal. Quand il m’a parlé de son projet de livre, Jo avait une petite lumière dans les yeux. En fait, peut-être plus un brasier, qui illuminait toutes les qualités de son projet. Une flamme née de sa grande passion.

Je n’ai pas hésité à me joindre à lui.

Projet audacieux,issu de la passion de beaucoup de gens, produit à la fois local et de partout au Québec, L’AURORE fut une belle réalisation. C’est L’AURORE qui ouvrit la porte à bien d’autres projets d’écritures tous plus intéressants les uns que les autres. Grâce à ce bouquin, plusieurs auteurs se sont fait connaître.

Jonathan m’avait demandé de trouver une identité visuelle à la maison d’édition et à la page couverture de l’aurore. J’ai planché longuement, moi aussi avec passion. Je voulais quelque chose de différent et d’accrocheur. Quelque chose qui déclare haut et fort au monde de l’édition que les 6 brumes débarquaient en ville (et en campagne).

Je suis fier d’avoir fait parti du projet pendant plusieurs années. Ça constituera toujours une fierté d’avoir aidé à réaliser L’AURORE.

Longue vie aux Six Brumes. Puisses les vingt prochaines années être emplies de succès! La littérature québécoise a besoin de vous!


Mar 05 2012

En contemplant le lever du soleil

Catégorie: GénéralitésLes Six Brumes - Jonathan Reynolds à 10:13

Il y a dix ans déjà, vous teniez entre vos mains la clé. Il ne vous restait plus qu’à déverouiller la porte de votre imagination vers cet univers encore inexploré.

Et vous avez :

Chevauché les mondes de la Fantasy
Rampé dans les dédales de l’Horreur
Navigué dans l’espace de la Science-Fiction
Enquêté dans les coulisses du Policier
Basculé dans l’ombre du Fantastique
Nagé dans l’Inconnu

Vous aviez lu un recueil qui dévoilait une nouvelle génération d’auteurs qui ont guidé dans des histoires demeurées secrètes jusqu’à ce jour… il y a dix ans.

Et oui, il y a dix ans, Les Six Brumes publiaient L’AURORE, son premier titre, maintenant épuisé.

Célébrons! Mais pas seuls… non, célébrons avec vous et avec tous les auteurs et artisans qui ont donné vie à ce projet dont nous sommes fiers.

Au fil des jours, nous allons mettre en ligne des témoignages sur L’AURORE.

Commençons avec le témoignage d’Eve Patenaude (auteure de la nouvelle FOURRURES ET SOIERIES dans le recueil L’AURORE et auteure de la série PULSARS publiée chez La Courte Échelle) dont le plus récent titre se nomme LE JARDIN DE STATUES, premier d’une série intitulée LA TOUR DE GUET.

 

Mon hommage à L’Aurore

Par Eve Patenaude

 

La parution du recueil de nouvelles L’Aurore en 2002 fut un moment de grand bonheur et d’excitation dans ma vie d’auteure, puisqu’il m’a permis de publier mon tout premier texte. Depuis, mon écriture a beaucoup changé, mais je ressentirai toujours une certaine tendresse pour ces premières lignes, imprimées dans un vrai livre… (avec un ISBN et tout!) Cependant, ce qui m’a rendue vraiment fière à l’époque, c’est d’être témoin de l’accomplissement remarquable de mes amis Jonathan Reynolds et Guillaume Houle (ainsi que Marki St-Germain, que je ne connais pas personnellement), qui ont dû braver de nombreux obstacles pour réaliser leur rêve : fonder une maison d’édition à leur image. Je les ai côtoyés au Cégep de Sherbrooke, et je les admirais en secret pour la flamme vive, lumineuse comme un phare, qui les habitait. Elle brûle encore aujourd’hui, à travers les Six Brumes. C’est un honneur, une source d’inspiration pour moi de connaître des gens aussi passionnés. Je les remercie de tout cœur de m’avoir invitée à participer à leur aventure. Longue vie aux Six Brumes!


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