Mai 18

Horrificorama : trois extraits sanglants

Catégorie: Généralités,PublicationsLes Six Brumes - Guillaume Houle à 05:00

Voici venu le temps… des extraits d’Horrificorama!!! Prenez quelques instants pour goûter les sanguinolents délices littéraires fournis par trois des auteures et auteurs du recueil, avant de précommander votre plaisir à http://www.sixbrumes.com/legion/ !!!

***

Carl Rocheleau
La clé de l’Hydre

Sciencefiction horrifique
Genre empruntant à la fois aux codes
de la science-fiction et de l’horreur.

« Édéa était hors de portée, il ne pouvait rien pour elle dans l’immédiat. Maxence était là, et il avait besoin de son père.

— T’ont-ils torturé? l’interrogea-t-il en tâtant le corps de son fils comme s’il avait été un nouveau-né.

— Non, mais ils font des choses à d’autres personnes. Chaque nuit, ils jouent de la musique et… Je crois qu’ils violent les femmes.

Une fois de plus, un cri troublant retentit près de leur hutte. Tomas chassa l’image d’Édéa, le corps arqué sous les coups de bassins saccadés d’un monstre d’en bas.

— Aïe! Papa…

Tomas avait serré le poing, tordant la chemise de son fils, qui le regardait maintenant avec inquiétude.

— Ce n’est pas maman, hein, papa?

— Non, c’est impossible.

Pourtant, c’était tout à fait possible. S’ils étaient arrivés à capturer l’architecte à l’origine de l’Hydre, pourquoi n’auraient-ils pas enlevé sa femme aussi?

Quelle était cette odeur? On aurait cru celle de la peau brûlée au laser. De la viande? Du porc grillé? À moins que…

— Te nourrissent-ils bien?

Maxence jeta un coup d’œil au fond de la cabane.

— Ils me donnent de la viande chaque jour…

Tomas aurait juré qu’il arrivait à voir à travers les lattes, qu’il percevait le corps égorgé d’une femme en train de rôtir sur une broche. Sa peau grésillante se détachant par lambeaux alors qu’elle cuisait, badigeonnée ponctuellement par l’un de ses tortionnaires.

Il se l’avouait de plus en plus, ils ne s’en sortiraient pas vivants. Pas tous, s’il en croyait le message.

Si au moins il pouvait être assuré qu’Édéa se portait bien. »

***

Ariane Gélinas
Freyja

Horreur psychologique
Ici, pas de monstres cachés dans les placards, pas de tueur masqué, ni de forces démoniaques. L’horreur est « banale », en ce qu’elle s’intègre à notre quotidien, sans le faire tomber dans le fantastique.

« Empressé, j’extirpe la brosse de Gianna de son sac à main. La porte à mes narines. Hume l’exquise odeur capillaire, de la salive perlant à la commissure de mes lèvres. J’arrache aux rivets plusieurs poils que je dissimule dans les poches de mon pantalon cargo. Mais je ne peux résister à en consommer un. Maintenant. Tout de suite. Il le faut. Je l’enfourne dans ma bouche, la tête renversée, les yeux mi-clos pour savourer davantage l’offrande. Le cheveu interminable tangue sur ma langue, chatouille ma luette. Caresse mon œsophage, descend lentement dans le boyau en raclant ses parois. Plus que quelques centimètres. Une érection tend ma braguette. De plus en plus douloureuse.

Gianna actionne la chasse d’eau une seconde avant d’ouvrir la porte. Pris au dépourvu, je sursaute, sa brosse dans les mains, son cheveu dépassant de mes lèvres. Je bondis en arrière, honteux.

À mon étonnement, la caissière s’approche de moi, bienveillante. Elle me scrute en reprenant la brosse nettoyée de ses poils. Puis, son sourire s’épanouit tandis qu’elle récupère ses affaires.

― Tu me flattes, Nathan. »

***

Vic Verdier
Lac au Sable

Le slasher
Ce genre d’histoire met en scène un tueur en série qui s’attaque habituellement à un groupe de personnes (souvent des jeunes) à l’aide d’armes blanches/contondantes, pour une raison spécifique qui est dévoilée à la fin du récit, ou sans raison précise et simplement parce que les personnages étaient au mauvais endroit au mauvais moment.

« À 50 m de la tente, les plaintes de Mariève sont facilement audibles. Malgré le bâillon, le son monte et descend. JS a dû lui coincer la pointe des seins dans des électrodes branchées à un modulateur. Pas mal pour des amateurs. Enfin, je vois le feu de camp et la tente. Ils ont accroché un fanal portatif à l’intérieur. Les silhouettes se découpent sur le fond orangé de la toile. JS est à genoux auprès de Mariève, étendue par terre, en position arc-boutée, les mains derrière le dos – elle est probablement menottée. Angela, elle, est attachée, les poignets aux chevilles, face contre terre. Elle doit avoir une barre fixe derrière les genoux. Du bondage classique. La silhouette de son cul rebondi est, ma foi, très invitante. Seul JS est toujours libre de ses mouvements. Il me facilite la vie. Je vais pouvoir me concentrer sur les choses importantes : la mise en train de ma séance.

Je me calme avant de passer à l’action.

Allez. En avant. Je marche rapidement vers la tente, 15 m à parcourir. JS entend mes pas entre deux claques.

− Hé! Y a quelqu’un? [panique dans la voix]

Je plante mon couteau dans la toile et je pratique une grande ouverture. On dirait que ma lame tranche du beurre. JS hurle de terreur, mais ce sont les cris étouffés des deux filles qui me font le plus plaisir. Elles ont les yeux ronds et elles se tortillent à l’intérieur de leurs liens pour essayer de mettre de la distance entre moi et elles. Comme des coquerelles estropiées surprises par une lumière soudaine. Les fesses d’Angela sont rouges de la fessée de tout à l’heure et Mariève a déclipé l’électrode sur son sein droit en se retournant sur elle-même. Je me dis que, pour les trois jeunes, je suis Vic, le pire scénario… le tueur qui n’a jamais quitté Sainte-Perche.

Je m’élance sur JS avec le .38 que j’utilise comme un poing américain. Sa lèvre supérieure se fend net et une de ses palettes tombe sur le sol. Le sang remplit sa bouche.

− Wo! Wo! Come on, man! J’ai pas d’argent! J’ai rien!

Déjà à rationaliser. Pauvre p’tit gars. Je lui fais voir l’intérieur de mon canon. Il fige. Je lui empoigne les cheveux et je le force à s’allonger sur le ventre. Il ne résiste pas vraiment. Les filles continuent de hurler dans leur bâillon. Mon silence, je le sais, est plus angoissant que n’importe quelle menace. Ma technique est de ne parler que pour énoncer les règles et de laisser leur imagination travailler à ma place.

Mes mains gantées immobilisent JS en appuyant sur des points de pression douloureux. J’ai quand même de la pratique. Les gants de latex font peur, je le sais. Un gars qui veut dissimuler ses empreintes est un gars sérieux. Si son visage est cagoulé, la victime peut encore espérer; parce que l’agresseur qui cache son visage se prémunit contre la possibilité qu’il manque son coup. Moi, je suis nu-tête. Ils comprendront éventuellement que leur situation est sans issue. Mais pour l’instant, leur instinct de survie continue de les pousser à se débattre. C’est un des moments de la séance que je préfère. »

***

Vous voulez tout lire? Précommandez ce titre (et peut-être d’autres aussi) et on vous envoie un exemplaire bien sanglant du livre juste à temps pour l’Halloween!!!

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